Hydrocarbures: une 2ème raffinerie nécessaire au Sénégal

Une 2ème raffinerie au Sénégal
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Le Sénégal doit mettre en place une deuxième raffinerie d’une capacité de 6 à 7 millions de tonnes par an, pour satisfaire la demande locale et sous-régionale. C’est l’avis du directeur général de Petrosen.

Le directeur général de Petrosen, Mamadou Faye, a indiqué que la création d’une deuxième raffinerie est une nécessité pour satisfaire la demande nationale et traiter le volume de pétrole attendu avec les découvertes. Il s’exprimait, samedi, à la clôture du séminaire de mise à niveau des journalistes. Il a souligné que la Société africaine de raffinage (Sar) a une capacité de traitement de 1 million de tonnes par an alors que les besoins du pays sont de 2,2 millions de tonnes. « S’il n’y a pas une deuxième raffinerie, nous ne serons pas en mesure de produire ce reliquat de 1, 2 million de tonnes pour satisfaire la demande nationale et traiter les volumes de pétrole attendus avec les découvertes de pétrole et de gaz », a expliqué M. Faye. Il a ajouté que l’Association des raffineries africaines a édicté de nouvelles qui devront être appliquées vers 2020-2024 et la Sar ne serait pas en mesure de traiter le pétrole brut pour arriver à ces normes. Pour le directeur général de Petrosen, si l’on considère son emplacement, il est impossible d’augmenter la capacité de production de la Sar. « Quand vous regardez le cercle de danger, l’impact sur l’environnement et sur les habitats fait qu’une extension de la capacité de traitement de la Sar devient impossible », a expliqué M. Faye.

Selon lui, il serait plus sage, eu égard à la demande locale, sous régionale et aux exigences technologies de la sous-région d’aller vers une deuxième raffinerie. Celle-ci pourrait coûter au moins 1,5 milliard de dollar Us, soit 750 milliards de FCfa. « Nous sommes dans une situation, même si la Sar modifie son schéma de production, elle sera limitée dans le volume de production », a insisté M. Faye. «Si nous voulons éviter des goulots d’étranglement que connait le Nigéria, nous sommes obligés d’aller vers une deuxième raffinerie », a poursuivi M. Faye, soulignant que la Sar a commandité une études dont les résultats ne sont pas publiés. « Quand nous aurons ces rapports, nous verrons le choix à faire sur la Sar. L’intérêt du Sénégal, c’est d’aller vers une raffinerie d’une capacité de 6 à 7 millions de tonnes par an qui pourra non seulement satisfaire la demande locale mais celle de sous-région », a-t-il confié. Il a laissé entendre que ce projet pourrait être porté par la Sar.

Sur un autre registre, le directeur général de Petrosen estime que l’Institut des sciences de la terre (Ist) peut servir de socle pour bâtir un véritable institut des métiers du pétrole et du gaz, soulignant que plus de 50 % des métiers du pétrole sont enseignés dans ce centre.

Mahanta Guèye, ministère de l’Energie « Les Sénégalais ont leur place dans les hydrocarbures »
Le conseiller technique du ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mahanta Guèye, a invité les Sénégalais à investir dans le secteur des hydrocarbures. « Certes, c’est un secteur très capitaliste où la plupart des compagnies sont des compagnies étrangères cotées en bourses mais les Sénégalais ont leur place dans ce secteur », a-t-il déclaré. M. Guèye a rappelé que feu Djily Mbaye avait investi dans ce secteur dans les années 80. « A l’époque, avant la dévaluation, il avait perdu l’équivalent de 4,5 milliards de FCfa dans l’exploration », a-t-il souligné. « Aucun pays ne pourra se développer avec des investissements directs étrangers », a insisté le conseiller technique. Pour ce faire, il a déclaré qu’ il faut davantage assainir le climat des affaires et impulser le secteur privé local. Il a réitéré la disponibilité des autorités étatiques du Sénégal, de Petrosen pour échanger avec les professionnels des médias pour éviter les « nuages d’incompréhension » et les fausses informations qui sont véhiculées. « Les Sénégalais ont droit à l’information vraie et les ressources appartiennent aux populations », a insisté le conseiller technique du ministre de l’Énergie.

Souleymane Diam SY / lesoleil.sn

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